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Aujourd’hui nous allons parler de l’assiette du cavalier

 

J’ai pas mal de choses à dire sur l’assiette du cavalier et puis c’est un sujet dont je ne parle pas souvent.

 

C’est une personne sur YouTube qui m’a demandé d’en parler. C’est une bonne occasion de le faire.

 

Je vois plusieurs fonctions à l’assiette, mais pour moi l’assiette n’est pas une aide.

 

Alors ça y est je vais vous choquer, je sais, vous allez me dire non mais il délire, il dit n’importe quoi.

 

Pourtant c’est ce que je pense et c’est ce que pensent beaucoup de cavaliers de tradition française justement, que l’assiette n’est pas une aide.

 

Beudant le disait d’ailleurs dans ses livres.

 

Nous allons voir à quoi sert l’assiette.

 

La première des choses, l’assiette sert à tenir sur le cheval.

 

On dit qu’un cavalier qui a une bonne assiette est un cavalier qui tient bien à cheval, qui ne tombe pas.

 

C’est la première fonction de l’assiette, tenir sur le cheval.

 

Alors bien sûr on n’a pas que l’assiette pour tenir, on a aussi les jambes.

 

Mais les jambes étant une aide pour le coup, plus on va s’en servir pour se tenir et moins on va pouvoir s’en servir comme une aide.

 

Comment l’assiette peut nous servir à bien tenir à cheval ?

 

Tout simplement en accompagnant le mouvement du cheval.

 

Le deuxième rôle de l’assiette, justement, c’est de bien accompagner le mouvement des chevaux que ce soit au pas, au trot ou au galop.

 

Les chevaux, vous le savez, ont des mouvements différents à chacune de ces trois allures, je ne vais pas vous faire de dessins.

 

L’idée d’une bonne assiette c’est de ne pas décoller de dix centimètres de la selle, c’est la première chose.

 

Dans cet exercice notamment au trot assis, les hommes sont favorisés par rapport aux femmes.

 

Il faut bien que de temps en temps on soit un petit peu favorisés !

 

Pourquoi ?

 

Parce que physiologiquement, les hommes ont généralement les reins plus souples que les femmes.

 

Ils accompagnent beaucoup mieux le trot assis par exemple.

 

C’est pour ça qu’on voit beaucoup de femmes qui décollent de leur selle au trot assis.

 

Il ne faut pas s’en offusquer. C’est normal en fait puisque physiologiquement les hommes ont les reins plus souple et donc accompagnent plus facilement le mouvement. Pour les femmes c’est beaucoup plus difficile.

 

Ça veut dire quoi ?

 

Ça veut dire que si vous voulez éviter de décoller de cinq centimètres dans votre selle au trot assis, il faut travailler l’assouplissement de vos reins. C’est là que tout se passe.

 

On a vu en premier l’accompagnement des mouvements du cheval. Au pas les mouvements sont dissymétriques, au trot les mouvements sont symétriques et au galop c’est un accompagnement plus profond.

 

En deuxième, le fait de travailler la souplesse de nos reins qui va nous permettre justement de bien accompagner nos chevaux.

 

C’est plus facile encore une fois pour un homme. Oliveira l’explique très bien de façon humoristique (sexuelle). Je suis tout à fait d’accord avec lui, les hommes ont plus de facilités.

 

Dans le troisième point, l’assiette va nous servir mais ce n’est pas vraiment l’assiette qui va nous servir, c’est pour ça que je dis que l’assiette n’est pas une aide.

 

C’est parce que c’est plutôt le poids du corps qui va nous servir.

 

J’en ai parlé dans plusieurs vidéos notamment sur le travail de deux pistes.

 

Le poids du corps va nous servir pour agir sur les membres notamment dans le travail de deux pistes.

 

En fonction des appuis, on va pouvoir agir sur le cheval ou pour la rectitude également.

 

C’est un élément important mais cela ne vient pas de l’assiette, ça vient du poids du corps, de l’appui sur une fesse ou sur l’autre, sur un côté ou sur un autre côté, rien à voir avec l’assiette.

 

Et pourquoi je dis que l’assiette n’est pas une aide ? Tout simplement parce que jusqu’à une certaine époque, on voyait beaucoup de cavaliers qui pour avancer poussaient avec le bassin en se disant l’assiette est une aide, on va pousser le cheval avec l’assiette, comme ça il va aller plus vite.

 

Je pense que c’est totalement faux, tout au moins sur des chevaux de gabarit normal, parce que sur de très grands chevaux, ça peut encore fonctionner.

 

Pourquoi je dis ça ?

 

Parce que tout simplement quand vous poussez avec l’assiette vous avancez la selle sur les épaules, sur le point douloureux en haut des épaules.

 

Donc quand vous poussez votre cheval, vous créez une douleur.

 

Et si votre cheval avance, c’est en réaction à cette douleur.

 

Ce n’est pas du tout ce qu’on veut pour aller vers une équitation non-violente.

 

Nous ne voulons pas aller vers une équitation où on met de la violence à chaque foulée.

 

Donc quand vous voulez allonger, par exemple, et que vous poussez avec l’assiette, si votre cheval n’allonge pas c’est parce que vous lui créez des douleurs et il se retient.

 

A l’inverse si votre cheval avance,  c’est parce que vous lui créez des douleurs qu’il veut fuir.

 

Donc vous voyez que ce n’est pas très bon, et Beudant disait qu’il ne faut jamais pousser avec l’assiette.

 

Alors moi, il m’arrive parfois de pousser avec l’assiette mais c’est pour sanctionner mes chevaux.

 

C’est-à-dire que comme je n’ai pas de cravache, si mes chevaux n’avancent pas il peut m’arriver de faire un mouvement avec le bassin pour dire à mes chevaux que je veux qu’ils avancent. Et je pense qu’ils le prennent comme une sanction.

 

Donc il faut bien comprendre que pousser avec l’assiette ce n’est pas anodin, ce n’est pas quelque chose qu’on peut se permettre de faire à chaque foulée, tout le temps.

 

C’est quelque chose qu’il faut réserver à des cas exceptionnels, notamment quand on veut sanctionner un cheval.

 

Et si quand vous poussez, vous sentez votre cheval ralentir,  ne cherchez pas, c’est qu’il a mal aux épaules.

 

La plupart du temps d’ailleurs, les chevaux s’habituent et on voit les cavaliers pousser, pousser, pousser mais les chevaux n’avancent pas pour autant.

 

Ils sont peut-être habitués à la douleur ou ils n’ont peut-être pas de douleurs mais cette aide est inefficace.

 

Comme toutes les aides, elle va être inefficace si on l’utilise trop souvent.

 

L’efficacité d’une aide vient de sa rareté d’utilisation.

 

Il faut surprendre les chevaux quand on l’utilise.

 

Voilà, j’espère que vous avez compris à quoi sert l’assiette et à quoi elle ne sert pas.

 

Si vous voulez savoir comment je me sers de mon poids du corps dans les déplacements latéraux, eh bien, j’ai fait une vidéo sur ma chaîne YouTube sur ce sujet.

Je suis Laurent Fumet auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

L'assiette n'est pas une aide

 

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