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L’équitation de tradition française – l’essentiel à connaitre

 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’équitation de tradition française, cette équitation si méconnue, si oubliée.

 

Et ne croyez pas que c’est uniquement aujourd’hui, qu’elle est oubliée. Elle a été oubliée durant les siècles précédents également et je vais vous l’expliquer.

 

Mais avant …

 

                       

 

On pourrait commencer l’équitation de tradition française par Xénophon.

 

Sauf que Xénophon n’était pas français mais grec.

 

Mais l’équitation de tradition française s’appuie déjà sur Xénophon.

 

En fait, il y a deux grands maîtres sacrés dans l’équitation de tradition française ;

 

ces deux grands maîtres sont La Guérinière d’une part, au XVIIe et XVIIIe siècle. C’est un monstre sacré parce qu’il a réussi à codifier par écrit les concepts que d’autres avaient imaginés avant lui et qui n’étaient pas très clairs.

 

C’est pour ça que La Guérinière est resté très important, mais a été complètement oublié après lui avec l’arrivée du deuxième monstre sacré, François Baucher, qui a voulu faire table rase de tout ce qui existait avant lui et a donc rejeté les enseignements de La Guérinière.

 

La Guérinière, c’est avant tout l’épaule en dedans.

 

Il a codifié l’épaule en dedans. Certains disent qu’il l’a inventée. D’autres que non. Que ça aurait été inventé par ses maîtres avant lui, ou par Newcastle. Enfin, on ne sait pas trop en fait qui l’a inventée.

 

Mais ce qu’on sait, c’est que La Guérinière l’a parfaitement codifiée. Donc il est connu pour ça.

 

Mais La Guérinière, ce n’est pas que l’épaule en dedans. C’est aussi une forme de cercle qu’il a inventée.

 

Ce sont les deux gros points qu’il faut retenir de La Guérinière. Il y en a bien d’autres, parce que La Guérinière est le premier à avoir adouci l’équitation. A avoir introduit la notion de légèreté, de rendu à la main, et beaucoup d’autres concepts comme le fait de conserver le naturel du cheval.

 

Alors La Guérinière a été oublié très longtemps, jusqu’à ce qu’arrive au XXe siècle Nuno Oliveira qui l’a réhabilité. Ou plutôt, il n’a pas réhabilité La Guérinière, il a réhabilité l’épaule en dedans, puisqu’il a redécouvert l’épaule en dedans en lisant l’allemand Steinbrecht, qui lui-même s’était inspiré de La Guérinière.

 

La Guérinière est donc revenu à l’ordre du jour par l’intermédiaire de l’allemand Steinbrecht et de Nuno Oliveira

 

Oliveira a réexpliqué à tout le monde l’intérêt de l’épaule en dedans qu’il a appelée l’aspirine de l’équitation.

 

Et depuis, cette épaule en dedans est (mal) pratiquée par les cavaliers de dressage et totalement ignorée par les autres, malheureusement.

 

Mais La Guérinière, c’est aussi les voltes carrées qui donnent une puissance énorme dans le travail du cheval.

 

C’est quelque chose dont je parle dans le Générateur de souplesse, parce que c’est d’une importance capitale et que je n’ai jamais vu personne les pratiquer.

 

J’ai fait aussi des vidéos pour mes abonnés aux emails privés pour leur montrer ce que c’était que le travail sur le carré de La Guérinière parce que je n’ai jamais rien vu sur internet qui parle de ça.

 

Après La Guérinière, le deuxième monstre sacré, c’est Baucher.

 

Pourquoi ?

 

Parce que Baucher, après avoir fait table rase de tout, a inventé énormément de concepts.

 

Je ne vais pas tous vous les citer dans cette vidéo parce que Baucher était un grand inventeur. Il a beaucoup évolué au cours de sa carrière et il a inventé énormément de choses. On dit qu’il a deux méthodes, mais en réalité il a testé un nombre incalculable de méthodes.

 

Baucher, c’était l’équitation raisonnée contrairement à avant où on pratiquait une équitation instinctive.

 

L’équitation d’aujourd’hui, c’est encore ça ; monter en avançant. C’est l’équitation sportive. elle est relativement peu réfléchie.

 

Baucher avait une équitation réfléchie, intellectuelle, mathématique.

 

Dans sa « première manière », Baucher a inventé les flexions, qui étaient en fait une forme d’ostéopathie qui permettait de vaincre les résistances des chevaux.

 

Il partait du principe que lorsque le cheval avait l’encolure totalement assouplie, il était facilement contrôlable.

 

Est venu ensuite le concept du fléchissement de la mâchoire.

 

Après son accident, un lustre du manège qui lui est tombé sur la jambe, Baucher est parti sur une « deuxième manière » beaucoup plus légère.

 

Il a introduit la légèreté dans son équitation qui n’y figurait pas et il a introduit également la verticalité de l’encolure parce que ça permettait d’avoir un cheval léger à la main et sous contrôle.

 

Mais malheureusement on sait, depuis Oliveira, que cette méthode a beaucoup d’inconvénients parce qu’elle creuse le dos du cheval.

 

Il faut donc être capable d’arrondir le cheval avant de pouvoir le relever.

 

C’est la méthode Oliveira qui a permis de déterminer ça. On peut relever le cheval, mais à condition de l’avoir préalablement arrondi.

 

En résumé, entre Xénophon et La Guérinière, il n’y a quasiment rien eu d’intéressant. Si ce n’est les maîtres italiens, mais qui étaient très violents, qui ont formé des maîtres français, qui eux même ont formé jusqu’à La Guérinière.

 

Il y a eu l’école de Versailles qui a formé beaucoup de monde aussi mais La Guérinière n’était pas de l’école de Versailles. Il était indépendant. Il avait été formé par son frère qui avait une école d’équitation.

 

Baucher, lui, a été formé en Italie. Il a voulu faire table rase du passé et tout réinventer. Avec des extrêmes comme ses flexions poussées ou son relevé maximal de l’encolure.

 

Il était parfois très extrémiste mais c’est normal ; quand on est inventeur on va au fond des choses.

 

Oliveira, qui pour moi est la personne qui a fait la synthèse entre les deux, a récupéré l’épaule en dedans que tout le monde avait oubliée tout en conservant les flexions de Baucher dans son équitation.

 

Et il a arrondi les chevaux, comme Baucher dans sa première manière d’ailleurs.

 

Ensuite, il a pu redresser les chevaux pour les avoir dans une attitude inspirée de la tauromachie.

 

Je pense que cette équitation de tradition française doit vraiment être connue par tout cavalier qui se respecte. Parce que c’est notre histoire et que c’est une équitation qui a été enviée pendant des siècles dans le monde entier.

 

Aujourd’hui, elle est oubliée même en France. Elle est même plus oubliée en France que dans les autres pays et ça, ça n’est pas acceptable.

 

Il faut absolument que cette équitation reviennent à la surface, en France également. Qu’elle soit connue. Qu’elle soit enseignée.

 

Ce n’est pas normal que les enseignants d’équitation n’aient pas des cours d’histoire de l’équitation où on leur explique les principes des anciens grands maîtres, parce que tout a été écrit par eux.

 

Chaque fois qu’on imagine quelque chose, on se replonge dans les écrits des anciens grands maîtres et on retrouve ces notions-là comme l’équitation éthologique, l’ostéopathie, même le travail fractionné que je prône, que l’on retrouve chez Xénophon.

 

Tout a déjà été inventé. Il suffit juste de se plonger dans ces livres anciens.

 

Et d’ailleurs, sur mon blog Réflexions équestres, vous avez une page où il y a des livres pdf à télécharger gratuitement.

 

C’est un peu long et parfois fastidieux comme quand vous lisez Raabe, par exemple qui est un disciple de Baucher, mais c’est indispensable de le faire pour comprendre l’équitation et pour pouvoir faire revivre notre véritable équitation française.

 

Et si vous voulez en apprendre plus sur cette équitation, abonnez-vous à ma liste email, parce que tous les jours je vous donne des pépites pour votre équitation et pour votre vie.

 

   

 

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Etienne BEUDANT mon maître

Je suis Laurent Fumet auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser ». J’accompagne les cavaliers à mieux comprendre et respecter leurs chevaux avec la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) pour qu’ils obtiennent de meilleurs résultats.

L'équitation de tradition française

 

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