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Aujourd’hui nous allons parler de la position du haut du corps à cheval.

 

Alors le haut du corps est bien sûr très important en équitation.

Imaginez simplement que vous portez un enfant sur votre dos et que cet enfant s’agite et bouge dans tous les sens.

 

Ça va vite vous gaver et vous allez vite comprendre que c’est très désagréable quelqu’un qui bouge au dessus de vous.

 

Donc en fait il faut avoir un maximum de fixité.

 

Mais la fixité ça veut dire quoi ?

 

Ça veut dire tout simplement que les épaules ne doivent pas bouger dans tous les sens. Parce que sinon le cheval sera vraiment déséquilibré et perturbé.

 

Alors comment faire pour avoir les épaules tout le temps au milieu du cheval ? 

 

Pour cela, il y a une méthode très simple :

 

C’est de regarder sur le côté quand vous êtes à cheval.

 

Vous regardez sur le côté et vous voyez votre cheval, sa queue et sa tête et vous vérifiez que vos épaules sont bien au milieu de votre cheval. Qu’elles sont bien en prolongement de vos hanches et de vos talons.

 

Comme ça, vous savez mettre vos épaules à la bonne place.

 

Je m’en servais beaucoup dans les paddocks de concours de saut d’obstacles à l’échauffement pour être sûr que mon haut du corps restait bien à sa place quand je sautais et que je ne me jetais pas vers l’avant.

 

Alors, c’est très bien d’avoir le haut du corps à la verticale, bien droit, bien au milieu du cheval. Simplement on ne peut pas toujours rester comme ça.

 

D’ailleurs les cavaliers de dressage ont une position qui n’est pas du tout naturelle, ils sont plutôt en arrière d’une façon rigide.

 

En fait, c’est parce que déjà ils veulent être fixe et puis surtout ils veulent que le cheval soit en équilibre. En se mettant en arrière, ils reportent du poids sur l’arrière-main.

 

Bon, ça c’est très bien pour les cavaliers de dressage mais pour les cavaliers de saut d’obstacles ou les cavaliers de complet, c’est plus compliqué.

 

Parce qu’à un moment donné, il faut sauter, et pour sauter il faut s’avancer.

 

Et quand on s’avance, qu’est-ce-qu’on fait ?

 

On remet du poids sur les épaules.

 

Et quand on remet du poids sur les épaules, le cheval, qui a prévu de sauter un mètre se retrouve avec du poids. Il faut qu’il fasse l’effort pour sauter un mètre vingt.

 

Et puis bien sûr quand il ne peut pas, qu’est-ce-qu’il fait ? Il s’arrête.

 

Donc si vous avancez vos épaules trop tôt à l’obstacle, votre cheval risque de s’arrêter parce que vous le déséquilibrez.

 

Alors, il y a deux catégories de cavaliers à l’obstacle :

 

  • il y a ceux qui ont appris à poney, qui ont souvent une bonne position sur l’obstacle.

 

  • Puis ceux qui ont appris à cheval qui ont souvent une moins bonne position, trop penchés vers l’avant.

 

Moi j’ai appris à cheval. A l’époque, on ne montait pas à poney et j’ai eu pendant trente ans une très mauvaise position à l’obstacle.

 

C’est-à-dire que je jetais mes épaules en avant pour sauter. Mes entraîneurs me disaient bien que j’avais une mauvaise position, mais ils ne m’expliquaient pas comment faire pour en avoir une bonne.

 

Alors comment peut-on faire pour avoir une bonne position à l’obstacle ?

 

Et bien c’est très simple, je m’entraîne sur des combinaisons assez basses. Je suis sur mon cheval. Je garde mes épaules à la verticale au milieu du cheval.

 

Quand je veux sauter, au lieu d’avancer mes épaules je recule mon bassin.

 

Quand je recule mon bassin mes épaules avancent automatiquement.

 

En fait, je n’ai pas besoin de jeter mes épaules comme j’ai fait pendant trente ans en déséquilibrant mes chevaux. Et sur des grosses hauteurs je perdais forcément des centimètres.

 

Lorsque je veux suivre mon cheval, je n’ai qu’à reculer mon bassin, et plus je recule mon bassin plus mes épaules descendent.

 

Ainsi, je reste en équilibre sur mes pieds, puisque c’est ce qui est le plus important.

 

Vous voyez des cavaliers Allemands comme Marcus Ehning par exemple, qui sont des spécialistes pour faire ça. Qui redescendent de manière à bien rester en équilibre.

 

C’est très important et j’ai mis trente ans à le comprendre.

 

Je l’ai compris avec le livre « nouvelle équitation centrée » de Sally Swift.

 

J’attendais, j’attendais, j’attendais puis quand vraiment je ne pouvais plus faire autrement, je me jetais…

 

Et non ce n’est pas comme ça que l’on doit faire.

 

On doit arriver à l’abord et quand le cheval se lève sous nous, on doit juste reculer les hanches.

 

Comme ça, vous restez en équilibre et vous ne déséquilibrez pas votre cheval.

 

Alors après, il y a trois façons d’avoir les épaules :

 

Il y a la façon qu’on a vu, façon dressage mais il y a aussi des cavaliers de saut d’obstacles, notamment les cavaliers Allemands qui montent de cette façon là. C’est-à-dire qu’ils sont très en arrière ce qui fait qu’à l’obstacle c’est parfois compliqué. Les cavaliers de complet doivent être comme ça dans les contrebas, par exemple.

 

Quand ils sautent, ils sautent à l’ancienne. C’est-à-dire en restant les épaules en arrière parce qu’ils ne peuvent pas envoyer les épaules en avant, ils partent de trop loin.

 

C’est l’inconvénient de cette méthode très en arrière. On a du mal après à revenir devant.

 

Ensuite il y a la méthode opposée des cavaliers américains, notamment de ceux qui sont très grands par la taille. Ils restent tout le temps très en avant. Parce qu’en montant comme ça très sur les épaules, le cheval ne sera pas perturbé à l’abord.

 

Le problème c’est que le cheval a du poids sur les épaules et donc si vous sautez un mètre, il faut qu’il ait la puissance de sauter un mètre vingt sinon il ne pourra pas le faire. Si vous n’avez pas un très bon cheval, bien sûr vous n’allez pas le perturber en sautant, mais vous allez lui faire perdre 20 cm en étant comme ça.

 

Autrement, c’est la méthode la plus facile. C’est-à-dire que vous vous mettez en avant et vous ne bougez plus. Vous êtes dans votre attitude pour sauter et vous sautez comme ça.

 

J’avais un ami qui faisait du haut niveau en montant de cette façon là.

 

Voilà donc les trois façons :

 

  • Soit vous avez les épaules en avant et vous ne bougez pas.

 

  • Soit vous avez les épaules à la verticale, et vous reculez votre bassin.

 

  • Soit vous montez en arrière un peu à la Eric Navet et vous essayez de revenir vers l’avant, mais ça c’est déjà plus compliqué.

 

Un autre point qui n’a rien à voir mais qu’il faut connaitre avec le dos, c’est que si vous voulez avoir un cheval tendu, vous devez avoir les reins tendus, même rigides.

 

Si vous êtes relâché au niveau des reins, votre cheval ne sera pas assez tendu pour sauter.

 

Si cette partie là est tendue, bien fixe, là vous aurez un cheval qui sera tendu.

 

Donc ça, c’est aussi quelque chose que j’ai mis trente ans à découvrir, parce que je ne savais pas pourquoi quand j’étais tranquille, que j’étais relâché, mes chevaux ne sautaient rien du tout, et quand j’étais raide, mes chevaux sautaient bien.

 

C’était tout simplement parce que c’est cette partie là, les reins, qu’il faut avoir tendus pour que le cheval soit tendu et c’est très important à l’obstacle.

 

Et puis encore une fois, entraînez-vous sur des combinaisons parce que vous enchaînez les sauts et vous revenez rapidement à votre place.

 

Vous faites ça et vous apprenez à avoir une bonne attitude sur l’obstacle. En plus les combinaisons sont très bien pour les chevaux, parce qu’elles leur donnent du style et leur apprennent à sauter correctement.

 

Les cavaliers, notamment Allemands, travaillent beaucoup sur les combinaisons, parce que déjà comme ça en compétition, ils n’ont pas de problèmes sur les combinaisons et puis ça permet de sauter sans faire des kilomètres.

 

Ça permet au cheval de se muscler, de prendre du style, et au cavalier également, parce que sur la combinaison vous n’avez qu’une chose à faire c’est travailler votre position, votre tenue des rênes, votre contact constant, votre remise en équilibre à la réception, vous redresser, etc.

 

Vous n’avez que ça à travailler.

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Comment fixer ses jambes à cheval

Je suis Laurent Fumet auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’accompagne les cavaliers à mieux comprendre et respecter leurs chevaux.

Position du haut du corps à cheval

Un article de ma boutique en ligne Optim-dressage :

 

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