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Les 7 clés de l’équitation de Philippe Karl

 

D’habitude, je vous parle des écuyers qui sont morts, comme La Guérinière (1688-1751 ) Baucher (1796-1873) Beudant (1863-1949) ou Oliviera (1925-1989).

 

Pour une fois, je vais vous parler d’un écuyer qui est vivant.

 

Il s’agit de Philippe Karl.

 

 

 

Je vais le laisser se présenter, puisque j’ai trouvé une interview de lui dont j’ai pris un extrait sur Youtube. Il n’a pas fait beaucoup d’interviews en français.

 

Ensuite, je vais vous expliquer ce qui pour moi fait la différence avec les autres équitations que vous pouvez connaitre.

 

« Ce que je voyais dans le domaine équestre et singulièrement professionnel me déplaisait de plus en plus parce que ces trente dernières années les choses se sont détériorées à vitesse grand V. Mais quand on regarde la pratique derrière tout ça, elle est devenue incroyablement permissive et il y a des choses effarantes. Il y a trente ans, on vous aurait disqualifié, mais en cinq minutes. Comme pour moi il n’était pas du tout question d’aller dans ce sens-là, j’ai défendu mon point de vue. Il y a des moments de solitude dans ces cas-là. »

 

« Comme il a tendance à sortir un peu de la main au moment des départs au galop, à passer au-dessus de la main plutôt, il faut répéter des départs avec l’encolure suffisamment longue. »

 

La première clé de l’équitation de Philippe Karl est donc l’extension d’encolure vers l’avant.

 

Non pas vers le bas mais vers l’avant pour étirer, pour étendre le cheval. Ça fait partie intégrante de sa méthode et il le renouvelle très souvent dans une séance.

 

Il permet au cheval de s’étirer au maximum, et ce dans toutes les allures.

 

Là on voit un cheval qui s’étend ; il a demandé un galop très rassemblé, presque sur place et ensuite une grande extension au pas. Le cheval passe sans transition du galop rassemblé au pas étendu et on voit qu’il s’étend au maximum.

 

La deuxième clé, c’est une clé très importante pour lui, c’est la nuque en point le plus haut.

 

Toute l’équitation de tradition Française est basée là-dessus ; la nuque doit toujours être le point le plus haut.

 

Le cheval ne doit pas avoir l’encolure cassée au niveau de la 3ème cervicale, comme on voit chez 80% des chevaux de dressage, pour ne pas dire 100 %.

 

Dans cette méthode, il faut que la nuque soit absolument le point le plus haut, et reste le point le plus haut dans tout le travail. Sauf peut-être dans les moments d’extension d’encolure. Et encore, même dans l’extension encolure, comme il les fait à l’horizontale, le cheval garde bien souvent la nuque en point le plus haut.

 

C’est vraiment une base de sa méthode et ça permet au cheval de fonctionner sans contrainte de manière naturelle et non artificielle.

 

La troisième clé, c’est agir sur la commissure des lèvres.

 

Ne jamais agir sur les barres, parce que c’est douloureux pour la langue du cheval qui se trouve écrasée et c’est douloureux pour les barres. Donc il préfère, dans sa méthode, agir sur la commissure des lèvres.

 

Pour agir sur la commissure des lèvres, il faut avoir des mains hautes.

 

Quand on n’a pas besoin d’agir, on garde ses mains tranquilles, et dès qu’on en a besoin, on élève les mains pour se retrouver très au-dessus de la bouche et pouvoir avoir une action sur la commissure des lèvres directement.

 

On le voit sur cette photo où il a élevé la main droite tout en laissant sa main gauche à sa place pour remettre le cheval dans une bonne attitude en place. Il fait une action sur la commissure des lèvres.

 

La clé numéro quatre, c’est le pas d’école, ou plutôt de manège, pour améliorer les allures.

 

Comment on améliore les allures ? En ouvrant les articulations et en ralentissant le rythme du cheval, et ce, à toutes les allures.

 

Donc au pas, pour ouvrir les articulations, il pratique ce pas dans lequel le cheval avance ses antérieurs le plus possible. Vous le voyez dans cette vidéo. C’est le pas de l’écuyer en chef du Cadre Noir de Saumur, par exemple.

 

Il utilise beaucoup cette technique pour étirer le cheval, pour ouvrir ses articulations.

 

La clé numéro cinq, c’est avancer dans des allures vives quel que soit l’exercice.

 

Que ça soit en ligne droite ou dans le travail de deux pistes. Il fait régulièrement des transitions en avançant.

 

On voit sur cette photo que le cheval ne touche pas par terre au trot.

 

Vous le voyez également en vidéo, quand il fait un allongement, c’est un vrai allongement ; le cheval ouvre vraiment ses angles articulaires et se délie énormément. Il y tient beaucoup.

 

Même dans le travail de deux pistes, il demande des allongements.

 

Dans l’épaule en dedans, il faut vraiment que les chevaux soient habitués pour accélérer comme ça. Parce que sinon, ils risquent de se taper les antérieurs l’un contre l’autre. Il faut le faire progressivement.

 

La clé numéro six, c’est l’apprentissage du rassembler dans l’épaule en dedans.

 

Pourquoi ? Parce que quand on commence le rassembler avec un cheval, il a tendance à se traverser pour l’éviter. Il préfère donc mettre le cheval de deux pistes dans une épaule en dedans où les hanches sont un petit peu calées par le mur.

 

Le cavalier impose une attitude. Du coup, c’est plus facile pour le cheval.

 

L’apprentissage du rassembler commence dans l’épaule en dedans.

 

La septième clé, c’est les flexions pour assouplir le cheval, flexions à pied et flexions monté.

 

Voilà ce qu’il dit :  » Le cavalier qui force la flexion de la nuque à l’aide d’enrênements et verrouille la bouche avec des muserolles spéciales n’agit guère mieux qu’un éducateur qui bâillonne un enfant et le ligote sur sa chaise pour le réduire au silence et lui imposer le calme. »

 

Voilà les sept points de l’équitation de Philippe Karl qui sont pour moi les plus importants à noter.

 

Bien sûr, je ne vous ai mis que les points principaux. Il y en a beaucoup d’autres.

 

Dites-moi en commentaire si ce genre de vidéos vous intéresse et si vous voulez que je vous en fasse d’autres.

 

   

 

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Je suis Laurent Fumet auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser ». J’accompagne les cavaliers à mieux comprendre et respecter leurs chevaux avec la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) pour qu’ils obtiennent toujours de meilleurs résultats.

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